Ensemble de 4 vidéos de durées variables, format 1080p
Je m'intéresse dans ce projet à la représentation de l'individu dans l'espace public, de ses attitudes propres et des interactions qui peuvent naître entre les personnes partageant ce même espace. Pour cela je filme des configurations, en caméra fixe et en longue focale, et les plans séquences sont ralentis quatre fois, pour pouvoir observer attentivement les gestes et leurs inflexions. Pour une des vidéos, j'ai demandé à un guitariste de jazz, Richard Bonnet, d'improviser en direct sur les images.
Partant théoriquement des notions de sphères proxémiques développées par Edward T. Hall (intime, personnelle, sociale et publique), et de ses études sur les interactions dans la sphère publique, j'instaure un protocole d’observation dans des espace partagés : plan-séquence, cadrage fixe et frontal, plan moyen, ralenti. Ces vidéos posent la question du partage de l’espace, du franchissement des frontières individuelles. Une certaine chorégraphie s’installe dans la rue, devenue espace scénique, de par la lenteur et la précision des gestes, dont on peut étudier avec attention la trajectoire, les inflexions, les hésitations…
Le principe qui sous tend le projet est que sous une apparence d’arbitraire et de fortuit, tout geste dans la sphère publique est significatif, et mérite d’être observé et étudié. Cette signification sous-jacente à toute interaction dans l'espace urbain avait été résumé dans les années 1960 par Irving Goffman, sociologue de la "nouvelle communication" au même titre que Edward T. Hall, par l’expression « Nothing never happens » : "rien" n'arrive jamais. 
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