Ensemble de vidéos de durées variables, format HD, musique Richard Bonnet
Installation vidéo pour l'exposition "Précipité" au Centre d'Art Mains D'Oeuvres de Saint Ouen
Ce projet a été mené dans le cadre de mon Master de recherche à l'Université Paris 8. Tout en explorant théoriquement le lien entre frontière géopolitique et sacré en art contemporain, ma pratique s'est peu à peu déplacée vers la notion de frontière intime et interpersonnelle.
J'ai ainsi commencé à filmer dans la rue, à la manière d'un street photographer, des situations et des gens pris au hasard de mes flâneries. En ralentissant ensuite ces films 4 à 5 fois, j'ai été fasciné par l'attention absolue à l'autre que cela impliquait, par cet entre-deux photographie / vidéo, et par la solennité et l'importance sacralisée que prenait chaque geste.
Tout en exploitant ce que l'appareillage technologique pouvait m'apprendre des autres et de ma place, en tant que voyeur et spectateur, j'étais à la recherche d'une position vis à vis du réel qui exclue toute notion d'auteur, et qui laisse entièrement sa place à l'autre. 
Ainsi apparait, si on fait preuve de patience, que tout geste dans la sphère publique est significatif, si on l'observe attentivement. Pour désigner cette intentionnalité inconsciente, sous-jacente aux interactions dans l'espace urbain, Irving Goffman, sociologue de la "nouvelle communication" dans les années 1960, utilisait l’expression « Nothing never happens » : "rien" n'arrive jamais. Il considérait en outre que la place de l'individu dans la rue impliquait de fait une stratégie, plus ou moins intégrée par chacun, de représentation de soi d'ordre théâtrale.
J’ai compris que le seul bonheur ici-bas était d’observer, d’épier, de guetter, de scruter son propre personnage et celui des autres, de n’être rien qu’un regard, qu’un œil immense, légèrement vitreux, quelque peu injecté de sang et qui ne cille jamais. 
Vladimir Nabokov, Le guetteur, 1930
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