La région des Bois Noirs se situe aux confins de trois départements : la Loire, l'Allier et le Puy de Dôme, en Auvergne. La Cogema (devenue depuis AREVA) y a exploité, sur la commune de Saint Priest La Prugne, une mine d'uranium de 1955 à 1980.

Cette exploitation a généré des millions de tonnes de déchets radioactifs, notamment sous forme de « stériles », terre creusée pour extraire l’uranium et qui était donc directement en contact avec celui-ci. Pour résoudre le problème encombrant que posaient ces résidus, la COGEMA a mis en œuvre deux solutions, dont aucune ne s’est révélée indolore pour l’environnement de la mine.
Première solution, l’enfouissement : la mine a été rebouchée avec les résidus d'extraction radioactifs, et inondés sous un lac artificiel de 2 m de profondeur, aux abords du lit de la rivière La Besbres. Son cours a été dévié pour longer le lac artificiel, mais l’étanchéité du drain de contournement est mise en cause par la CRIIRAD.
Deuxième solution, la dissémination : durant l'exploitation, la COGEMA se débarrassait des stériles en les offrant aux collectivités locales et aux particuliers, qui les ont utilisé comme remblais pour construire des fondations de logement, d'usine, de route, de parking, de chemins privés ou publics.

Depuis sa création en 1980, le collectif Bois Noirs lutte pour que les sites contaminés fassent l’objet d’un traitement systématique par AREVA, et qu’ils retrouvent les niveaux de radioactivité naturelle qu’ils connaissaient auparavant. En 2001, la CRIIRAD a été désigné comme expert officiel sur le site des Bois Noirs. Certains sites ont été décontaminés mais l'air, les terres et les eaux restent localement fortement marquées. 

Ces paysages photographiques visent à affronter l’invisibilité de la contamination : les images nous confronte à une apparente absence de menace, compliquant singulièrement sa dénonciation au contraire d’autres pollutions d’origine humaine comme les marées noires, par exemple. Reste l’affrontement entre la plénitude apparente des paysages, et les relevés de mesures effectuées par le collectif des Bois Noirs, confirmées par la CRIIRAD puis par Areva, qui s'est dit prête à assumer et à corriger les erreurs du passé.
Projet mené conjointement avec Carole Clément
Chemin du Calinon. Voie d'accès à la mine, dont certaines zones présentent des radiations atteignant 1 500 c/s
Notes sur la mesure des émissions radioactives
Les relevés sur lesquels s'appuient les légendes ont été effectuées par les associations locales et confirmées par l'organisme indépendant CRIIRAD. Ces mesures ont été effectuées à l'aide d'un compteur Geiger, "ictomètre" mesurant la radioactivité sous forme de "coups par seconde", ou "chocs par seconde", que nous abrégeons en "c/s".
La traduction de cette mesure en activité surfacique (Bequerel/m2) dépend des caractéristiques du compteur lui-même, et les conséquences radiotoxiques sur la santé (Sieverts) dépendent du nucléide impliqué.
Pour rester prudents, nous avons préféré ne garder que les valeurs brutes indiquées par les compteurs, ces valeurs étant à comparer au niveau de radioactivité naturelle de la région, mesurée avec les mêmes ictomètres, bruit de fond que l'on situe autour de 300 c/s dans la région granitique des Bois Noirs.
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